Le Festival L'Adresse

LE PRINTEMPS
DE SEPTEMBRE

À TOULOUSE

LE FESTIVAL
21.10 — 
10.02.2019
Avant

Hippolyte Hentgen

B-R-E-E-K
21.09.18 - 21.10.18
Exposition personnelle — Château d'Eau

© PRINTEMPS DE SEPTEMBRE

PHOTOGRAPHE : DAMIEN ASPE

© Hippolyte Hentgen, série sentiments adrift, 2013

Installation - Production

Associées dans le personnage de fiction qu’est Hippolyte Hentgen, Lina Hentgen et Gaëlle Hippolyte effacent leurs individualités au profit de cette entité créatrice tierce. Hippolyte Hentgen a donc conçu pour le Château d’Eau une installation intitulée B-R-E-E-K et qui mêle dessin, collage, couture et vidéo. Ce titre renvoie à la fois au comic strip Krazy Kat (1913-1944) de George Herriman et à la célèbre brique rose de Toulouse dans laquelle est construit le Château d’Eau.

Au rez-de-chaussée, un ensemble de treize tentures épouse la rotondité du lieu en recouvrant la quasi-totalité de sa paroi. Par sa souplesse, le tissu est ici le médium idéal. Patchwork de tissus d’ameublement de seconde main et de tissus imprimés de motifs provenant de l’iconographie caractéristique de l’artiste, ces tentures présentent un panorama de jets de briques, sous une forme proche de la bande dessinée de référence.

Au sous-sol, une proposition vidéographique The Hound and the Rabbit montre un dessin animé de Rudolf Ising (1937), retravaillé à l’encre sur pellicule 16 mm, puis numérisé. Il s’agit, comme souvent dans ce genre, d’une course poursuite entre deux animaux. La bande-son se divise en trois plans, avec des bruits parasites isolés d’abord, des sons identifiables au cartoon d’origine ensuite, des sons abstraits, enfin, obtenus par déformation des sons originaux et rendus ainsi méconnaissables.

Aussi inspirée par l’art contemporain que par la culture populaire, cette oeuvre d’Hippolyte Hentgen détourne et renouvelle avec humour un mythe comique ancré dans la mémoire collective.
 

Au-delà d’une collaboration à quatre mains, le personnage d’Hippolyte Hentgen est une sphère de partage et un outil de mise à distance par rapport à l’œuvre produite. En s’appropriant les codes de la bande dessinée et du dessin de presse, Gaëlle et Lina jouent sur les tons (burlesque, naïf) et les références (de Jim Shaw aux cartoons des années 1930, de l’underground au modernisme) et revivifient l’imagerie populaire et ses lieux communs. Si leur pratique est principalement celle du dessin, elles l’allient souvent à la peinture, au tissu, à l’installation et aux décors de théâtre. Exposé entre autres au Pavillon Baudoin à Paris (2014), à la Semiose galerie à Paris (2012 et 2014), au Centre Pompidou (2015) et au CAC La Traverse d’Alfortville (2017), le travail d’Hippolyte Hentgen fait notamment partie des collections du MAC/VAL- Musée d’Art Contemporain à Vitry-sur-Seine, du Fonds National d’Art Contemporain, et des Frac Champagne-Ar- dennes, Limousin, Corse et Normandie. Nées en 1977 et 1980, elles vivent et travaillent à Paris.